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Site Pierre Jean Jouve
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| 1940-1942 Fernand Drogoul | En 1942, Jouve publie Le Don Juan de Mozart. La dédicace est explicite : « A Fernand Drogoul / Esprit musicien / qui encouragea la pensée de cet ouvrage / qui critiqua ses différentes versions / qui aima Salzbourg / tué le 13 juin 1940 / sur une route de France » Jouve avait étudié de très près la partition de l'opéra de Mozart grâce au musicien Fernand Drogoul. Dans son livre de référence, Chronique des Cahiers du Sud, 1914-1966, Alain Paire nous apprend que Drogoul était un des collaborateurs importants des Cahiers du Sud de Jean Ballard. Il avait épousé Thérèse Aubray, poète et traductrice (de T. E. Lawrence, en particulier), proche des Surréalistes (Eluard, Masson) et qu'on peut considérer comme une des fondatrices des Cahiers du Sud (elle avait participé au capital). La mort de Fernand Drogoul dans un bombardement près de Rambouillet toucha beaucoup Jouve qui se réconcilia à cette occasion avec Ballard (la revue de celui-ci avait publié un article déplaisant sur un des poèmes résistants de Jouve). Dans Gloire (Fontaine 1942), la section «Catacombes» porte l'exergue : « IN MEMORIAM / Fernand Drogoul ». Plusieurs poèmes de Jouve de la période de la guerre font référence à Drogoul, l'ami mort souvent associé à «la femme des vingt ans» : Vous deux Qui êtes endormis dans l’horrible dépouille Mais à mes yeux non séparés de chères formes La femme des vingt ans couverte de son or Et l’ami des sons justes pendant l’âge mûr, Vos deux cœurs Non séparés des eaux nues de mon cœur «Tremblement, II» in La Vierge de Paris, LUF, 1944 | ||
1940-1945 Marcel Mihalovici | En 1945, Pierre Jean Jouve dédicace ainsi un exemplaire de son livre Gloire 1940 (publié en 1944 à Fribourg) : « pour Marcel Mihalovici... ayant entendu les superbes Ricercari joués par Monique - ce livre en souvenir de Cannes, du sombre temps où il était au travail - 1945». Marcel Mihalovici (1898-1985) est un compositeur d'origine roumaine. Il est l'un des membres importants de «l'Ecole de Paris» (avec Bohuslav Martinu, Alexandre Tansman). Il était l'époux de la pianiste Monique Haas. Tous deux étaient des amis de Pierre Jean Jouve. Ils avaient participé au "Front national", mouvement résistant anti-nazi créé à l'initiative du Parti Communiste (alors interdit) pour regrouper des artistes pas obligatoirement politisés ; les fondateurs avaitent été Roger Désormières, Elsa Barraine et Louis Durey ; on rencontrait dans ce mouvement des compositeurs comme Henri Dutilleux, Claude Delvincourt, Georges Auric, Francis Poulenc. Parmi les oeuvres les plus connues de Marcel Mihalovici, citons ses opéras, Mélusine (livret de Yvan Goll, 1920) et Phèdre (1949). On peut supposer que la dédicace de Jouve fait référence à la période qui a suivi l'exode (1940), Jouve et Mihalovici étant alors réfugiés dans le sud de la France. Les Ricercari - variations libres pour piano op. 46 dont il existe des enregistrements par Monique Haas - sont habituellement datés de 1941 : Jouve les auraient entendus en avant-première ou en cours de composition. | ||
| 1947 Louis Saguer | François Porcile, dans son ouvrage très documenté Les Conflits de la musique française, 1940-1965 (p. 264-265), donne un portrait du compositeur Louis Saguer (1907-1991), né allemand et naturalisé français. Saguer a été l'élève ou le disciple de Hindemith, Eisler, Milhaud, Honegger, collaborateur pour la musique de films d'Eisenstein. Pianiste et claveciniste il a interprété de nombreux compositeurs contemporains (Boulez, Dutilleux, Jolivet, Messiaen, Nigg). En 1947 Louis Saguer compose une Ode au Peuple - d'après le poème précurseur de la résistance poétique publié par Pierre Jean Jouve en 1939 chez GLM et repris dans la NRF de février 1940. Ce compositeur méconnu a été, comme Maurice Ohana, un indépendant total. Il est l'auteur de la musique du premier long-métrage d'Eric Rohmer, Le Signe du Lion (1959). | ||
| 1951 Olivier Messiaen | François Porcile, dans Les Conflits de la musique française, 1940-1965 (p. 69), cite une lettre d'Olivier Messiaen datée du 12 avril 1951, adressée au directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique Claude Delvincourt (Messiaen était professeur au CNSM). Messiaen y indique qu'il a fait une analyse totale de Don Giovanni de Mozart en s'«aidant de l'admirable livre de Pierre Jean Jouve» (1942). | ||
| 1953 Michel Fano | En 1953, Jouve publie Wozzeck ou le nouvel Opéra (Librairie Plon) qu'il a écrit en collaboration avec le compositeur Michel Fano. Michel Fano (né en 1929) a été l'élève d'Olivier Messiaen et l'ami de Pierre Boulez. Compositeur et théoricien, il est surtout connu pour ses partitions pour le cinéma : il a collaboré avec Alain Robbe-Grillet (Trans-Europ-Express, L’Homme qui ment, L’Eden et après), Pierre Kast, Jacques Doniol-Valcroze, Jean Rouch. Il a co-réalisé des films animaliers (La Griffe et la Dent) et des documentaires sur la musique contemporaine. Il est un des plus grands spécialites du son au cinéma. | ||
1967 Thérèse Brenet | La Compositrice Thérèse Brenet - née en 1935, élève au CNSM de Maurice Duruflé, Darius Milhaud, Jean Rivier et Grand Prix de Rome - explique sur son Site comment elle a écrit un Hommage à Signorelli pour soprano, piano, ondes Martenot et deux percussions. Cette œuvre faisait appel à plusieurs strophes de Résurrection des Morts que Jouve écrivit en 1939. L'œuvre fut créée début 1967 au Musée d'Art Moderne pour la Biennale de Paris, et retransmise sur France Musique le 7 février de la même année. À cette occasion, Thérèse Brenet a entretenu une correspondance avec Pierre Jean Jouve. Sur son site, elle cite une lettre du poète datée du 7 février 1967. | ||
| 1983 Claude Prey | En 1983, Claude Prey compose Paulina ou la chambre bleue, opéra de chambre d'après Paulina 1880. Claude Prey (1925-1998) est un compositeur indépendant élève au CNSM de Darius Milhaud et d'Olivier Messiaen. Ses débuts ont été marqués par Le Coeur révélateur (1961), opéra composé à la demande de la radio (Henri Dutilleux) sur un livret de Philippe Soupault d'après Edgar Poe, et qui obtint le Prix Italia en 1963. Selon François Porcile, Claude Prey a été un « rénovateur du théâtre musical » (p. 68). Sa «recherche structuraliste (...) va de pair avec une volonté de décloisonner les genres, de relier théâtre et concert, sortir du carcan de la scène, faire des chanteurs de véritables acteurs, et réciproquement » (p. 256). Citons son grand opéra épistolaire d'après Les Liaisons dangereuses de Laclos (1973) et Le rouge et le noir d'après le roman de Stendhal, créé en 1989 au Festival d'Aix en Provence. | ||
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